À l’origine, il n’y avait ni divergence, ni convergence.

Nous formions un super-organisme, rond comme une planète. Un être complet, mâle et femelle réunis pour ne connaître ni le manque ni le vide.

Sur nos corps soudés en une Pangée sphérique, une seule peau comme un manteau sensible.

Notre chaleur intérieure s’évaporait tranquillement vers notre surface. Nos lèvres se rapprochaient au bord des rifts. Nous étions parfaits et tout-puissants.

Autour de nous, Terre immobile, le bouillonnement du vaste océan, ses failles, ses fosses, ses rides et ses dorsales.

C’était avant les éruptions titanesques, les grondements prodigieux, les sidérants séismes. Juste avant qu’on ne nous sépare, jumeaux arrachés à leur plénitude, nous laissant à jamais pantins du désir insatiable.

C’était avant que nous ne soyons amants, avant la tectonique des plaques et la dérive des continents.

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