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Harcèlement : oh, rien de bien grave !

 

Lorsque ont été lancés les « Me too » et autres « Balance ton porc », je me suis dit : j’ai eu de la chance, je n’ai jamais été agressée sexuellement, je n’ai pas subi de harcèlement. Et puis, en y repensant, des souvenirs sont remontés à la surface. Oh, rien de bien grave ! Pas de viol, pas de coups, pas même de main aux fesses. Non, seulement du machisme ordinaire, de ces petites violences si anodines qu’on les minimise avant de – presque – les oublier. 
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Tectonique

À l’origine, il n’y avait ni divergence, ni convergence.

Nous formions un super-organisme, rond comme une planète. Un être complet, mâle et femelle réunis pour ne connaître ni le manque ni le vide.

Sur nos corps soudés en une Pangée sphérique, une seule peau comme un manteau sensible.

Notre chaleur intérieure s’évaporait tranquillement vers notre surface. Nos lèvres se rapprochaient au bord des rifts. Nous étions parfaits et tout-puissants.

Autour de nous, Terre immobile, le bouillonnement du vaste océan, ses failles, ses fosses, ses rides et ses dorsales.

C’était avant les éruptions titanesques, les grondements prodigieux, les sidérants séismes. Juste avant qu’on ne nous sépare, jumeaux arrachés à leur plénitude, nous laissant à jamais pantins du désir insatiable.

C’était avant que nous ne soyons amants, avant la tectonique des plaques et la dérive des continents.

L’Iconoclaste

Si encore tu avais eu l’habitude de t’allonger sur le sable !

On aurait pu soupçonner un crustacé microscopique de s’être introduit dans ta caboche. Si tu t’étais endormi bouche ouverte, une sorte d’écrevisse maligne aurait pu pénétrer ta chair, entamer tes fibres, un quelconque carcinus miniature se frayer un passage par tes narines, tes yeux ou les trous de tes oreilles pour grignoter tes muqueuses, sucer ton sang, aspirer ton suc, boulotter tes méninges.

Mais non, tu n’aimais pas la plage et tu claironnais, crânement et à tue-tête : moi je vis sur l’île, mais je ne vois la mer que du pont !

Était-ce une carapace ? Quel fanfaron !

Tu aurais dû respecter les totems têtus, ne pas prendre de face les sortilèges céphaliques car te voici maintenant, regard perdu, crâne éclaté, livré aux pinces et aux mandibules qui mastiquent ta cervelle liquéfiée.

Tu aurais dû écouter tes antennes, serrer ta musculeuse lippe de trompettiste et te méfier de la vengeance du crabe violoniste.

CITA’Livres

Rendez-vous samedi 8 et dimanche 9 avril au salon du livre du château d’Oléron pour tous les amoureux des livres et de la mer !

Je serai ravie de votre visite, stand 55, au rez-de-chaussée de la Citadelle, pour vous dédicacer NUE ou simplement échanger quelques mots.